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Nous sommes actuellement en train de
travailler à l'élaboration d'une section destinée spécialement à toi.
Malheureusement, nous n'avons pas encore réussi à tout compléter.
Si tu as des suggestions d'articles ou
tu as besoin d'information précise, n'hésite pas à nous partager tes idées à
l'adresse suivante:
info@ajbq.qc.ca .
En attendant, nous désirons partager
ces documents avec toi. Bonne lecture!
Articles:
Livres:

Une toute nouvelle aventure pour Vénuse !
(haut)
Un premier livre de lecture a
récemment été publié aux Éditions de l'Envolée, intitulé Une nouvelle
demeure pour Vénuse de Françoise Plante et dont la préface est signée
Guylaine Jutras, fondatrice de l'AJBQ.

Ce livre de lecture raconte une aventure
de Vénuse, la tortue qui attirera le respect de ses nouveaux amis
face à sa particularité de tout faire lentement, dont parler.
L'histoire a été écrite par une orthophoniste dans le but d'inciter
l'enfant à réduire sa vitesse de parole, stratégie favorisant la
fluidité.
Ce livre s'adresse aux jeunes d'âge préscolaire jusqu'à la 3e année
du primaire.
Vous pouvez vous le procurer à l'adresse suivante au coût de 7,99$:
http://envolee.com/Fr/Francais/lecture/index.htm#venuse ou
en contactant les Éditions de l'Envolée au 1-866-504-5607 ou 418-833-5607
L'AJBQ encourage les
professionnels des milieux scolaires et des services de garde à se procurer
ce livre afin de sensibiliser les jeunes avec la problématique du
bégaiement.
Espérons qu'il s'agisse d'un
premier tome d'une nouvelle série d'aventures pour Vénuse...
Public cible: 1re à 3e année

Mon nom, c'est c'est
Olivier
(haut)
Mon nom, c'est c'est Olivier est un nouveau livre qui
a pour thème le bégaiement. Il a été écrit et illustré par Brigitte Marleau
aux Éditions Boomerang, 2007.

Je m’a-m’appelle Olivier. Je bé-ga-gaye.
Heu-reusement, j’ai-j’ai un professeur merveilleux ! À la causerie, quand
les amis se-se sont mis à rire, Mathieu a dit : « Les amis, j’ai de la peine
et je suis déçu. » Les amis se sont excusés. Maintenant, les petites
causeries ne me causent plus aucun sou-souci.
Par l'entremise de cette courte histoire, ce livre permet
aux parents et éducateurs de sensibiliser les enfants à la richesse des
différences.
Le livre est publié aux Édition Boomerang, dans la
collection Au coeur des différences. Vous pouvez vous le procurer dans une
librairie au coût de 7,95$. Pour avoir plus d'information, consultez le site
http://www.boomerangjeunesse.com/ .
Public cible: 4 ans +

Florence
(haut)
Écrit par Sylvie Bouchard et publié aux Éditions Triptyque, 1999.
Sylvie
Bouchard raconte l'histoire d'une petite fille qui bégaie.
Guylaine Jutras a écrit la préface.
Public cible: 4 à 9 ans

Guillaume
(haut)
Écrit par François Gravel et publié aux
Éditions Québec / Amérique Jeunesse, 1995.

J'ai reçue un jour une demande
inusitée, étonnante, déconcertante. Monsieur François Gravel, célèbre romancier,
se propose d’écrire un récit mettant en vedette un jeune garçon bègue. Parce que
je suis une orthophoniste passionnée par ce trouble de communication orale si
méconnu, monsieur Gravel requiert ma contribution pour évaluer la qualité
professionnelle de son récit? avant qu’il ne soit en circulation.
À la fois craintive et heureuse,
je me lance, accompagnée par des clients, des parents et des collègues, dans une
première aventure de critique littéraire.
Absolument génial, Guillaume m’a
conquise. Enfin un outil simple, accessible et à la portée de tout lecteur :
enfant, adolescent, jeune adulte, parent, éducateur, professeur, intervenant (il
captivera les 55 000 principaux intéressés).
Guillaume, c’est le fruit d’une
amitié et d’une belle connivence entre un chien et son jeune maître atteint de
bégaiement. Véritable instrument de sensibilisation, Guillaume participera à
l’éducation du grand public en matière de bégaiement. Tout lecteur peut
s’identifier à Guillaume, dans lequel il trouvera une source précieuse d’énergie
et d’information. Guillaume jette un nouvel éclairage sur ce problème de
communication méconnu et presque tabou. Guillaume, c’est une histoire vraie, une
histoire de détermination, d’acharnement, de défis à relever.
Merci, Monsieur Gravel, pour ce précieux cadeau littéraire qui
en aidera plusieurs.
Merci pour tous les Guillaume, leurs pairs et leurs proches et
merci de nous instruire par ce roman témoignage.
Guylaine Jutras, Orthophoniste (M.O.A.)

Vingt et un tableaux (et
quelques craies)
(haut)
Écrit par François Gravel et publié aux
Éditions Québec / Amérique,1998.
Il y avait de gros problèmes avec
certaines consonnes, et particulièrement avec les «B» comme dans
Bernard, Benoît ou Bruno. Le fait que son prénom commençait par cette lettre y
était sûrement pour quelque chose.
Il était
bègue. Sérieusement bègue.
Ce qui ne l’empêchait pas d’être professeur, et même un excellent professeur. De
ceux qui vous ouvrent des portes dont vous ne soupçonniez même pas l’existence
et qui vous invitent à emprunter des chemins que vous mettrez des années à
parcourir. Lorsque vous penserez enfin à vous retourner pour le
remercier, il sera trop tard : il ne sera plus qu’un point minuscule à
l’horizon.
Lorsqu’il était dans un de ses
bons jours, il lui arrivait souvent d’hésiter, de bafouiller et de répéter
inutilement certaines syllabes, mais il retombait toujours sur ses pieds. Nous
nous y étions habitués comme à un accent étranger, et cela ne nous empêchait
nullement de nous passionner pour ses cours.
Dans
ses mauvais jours, il lui arrivait de bloquer complètement sur une consonne
rébarbative. Nous assistions alors, en spectateurs inquiets et impuissants, à
ses efforts désespérés pour l’expulser : les yeux plissés, le visage écarlate,
les veines du cou tendues comme des cordes de violon, il réussissait enfin à
accoucher de ce foutu mot qui refusait obstinément de venir au monde. Et puis il
reprenait son propos, comme si de rien n’était, jusqu’à ce qu’un autre mot passe
de travers. Épuisé par ses efforts, il se tournait alors vers le tableau et il
l’écrivait, plein de rage, en appuyant très fort sur sa craie. Ce geste le
délivrait de sa tension et il était capable, soudainement, de le prononcer.
Les étudiants ne se moquaient
jamais de lui, ni ne laissaient échapper de ces rires nerveux qui dissimulent
mal la gêne. Ses difficultés contribuaient même à nous le rendre plus
sympathique : quand il butait pendant d’interminables secondes sur un horrible
B, nous étions encore plus soulagés que lui lorsqu’il réussissait à l’expulser.
Nous aimions ses cours, je le répète, et nous admirions son courage : le
bonhomme était tellement passionné par sa matière qu’il avait choisi de
l’enseigner, malgré tout. Jamais, jusque-là, je n’aurais cru que ce soit
possible. J’avais évidemment quelque raison particulière d’apprécier ses
performances, ayant, tout comme lui, des comptes à régler avec certaines
consonnes.
Je
n’avais pas, à cette époque, de problème particulier avec les B, mais les C durs
semblaient, pour quelque inexplicable raison (peut-être leur ai-je fait du mal
dans une vie antérieure?) m’en
vouloir personnellement. Les C durs, oui. Comme dans calvaire. Ou dans un
coefficient. Le malheur veut que la notion de coefficient de réserve soit
capitale pour expliquer correctement la création de la monnaie scripturale par
les banques, et qu’on ne peut la remplacer par un synonyme commençant par une
lettre plus conciliante. Dans mes premières années d’enseignement , je
contournais le problème en me tournant vers le tableau et en écrivant
l’expression rebelle, en appuyant si fort sur ma craie qu’elle se brisait.
J’arrivais alors à la prononcer, non sans m’être vidé d’une partie de mes
énergies.
Après avoir utilisé ce stratagème
pendant cinq ou six ans, je me suis enfin décidé à faire face à mes élèves. Pour
expulser le fameux coefficient de réserve sans trop de mal, je devais chaque
fois placer ma main contre ma gorge, de façon à me comprimer le pharynx. Il m’a
fallu encore cinq ou six années pour me passer de ces forceps, et bon nombre
d’années encore pour que j’en arrive enfin à prononcer ces mots sans ressentir
un surcroît de tension. Il m’arrive parfois, lorsque je dois les écrire au
tableau, d’être agréablement surpris par la qualité des craies. Elles se sont
beaucoup améliorées, depuis quelque temps.
Cela
explique sans doute mon conservatisme lexical : je serais en effet très
mécontent qu’un économiste mal
inspiré s’avise de changer cette expression pour une autre. Chaque fois que je
la prononce, je la savoure comme une vengeance. Et c’est aussi pour cela qu’on
ne m’a pas souvent entendu me plaindre de toujours avoir à me répéter. Lorsque
j’ai donné deux heures de cours magistral sans avoir brisé une seule craie, je
sors de la classe épuisé, mais satisfait. Je bénéficie donc d’un grand
avantage sur mes collègues, qui n’ont pas tous la chance d’être bègues.
Extrait du roman VINGT ET UN TABLEAUX (ET
QUELQUES CRAIES)
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