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LUNDI 1er JUIN 2026

Le bégaiement n’est pas un problème de mots

Le bégaiement n’est pas un problème de mots. C’est neurogénétique. Mais ce que ça crée au quotidien va bien au-delà de la science.

Neurologiquement, les zones du cerveau responsables de la parole et de son exécution motrice ne se synchronisent pas toujours. La pensée est complète, la phrase existe déjà dans ma tête, le message est clair, mais le signal moteur n’arrive pas toujours au bon moment.

Ce décalage est invisible pour les autres. Mais moi, je le sens venir. Et rendu au milieu d’une phrase, je ne peux plus reculer.

Alors parfois, ça bloque, ça répète ou ça s’étire.

Pas par manque d’intelligence. Pas par manque de vocabulaire. Simplement à cause du fonctionnement neurologique.

Le stress, la fatigue ou les émotions ne causent pas le bégaiement. Ils peuvent l’amplifier, mais le mécanisme est déjà là. Dans mon cas, c’est héréditaire.

Certains jours, je parle presque sans y penser. D’autres jours, chaque phrase demande une concentration immense.

Ce que les gens ne voient pas : anticiper les mots, modifier les phrases, éviter certains sons, penser à parler... pendant qu’on parle. Une fatigue mentale invisible.

La plupart du temps, je dis que ça ne me dérange pas. Et c’est vrai. Mais parfois, avoir une pensée claire... sans réussir à la sortir comme elle existe dans ma tête, ça devient lourd.

Si quelqu’un bégaie devant toi… laisse-lui juste le temps. Parce qu’au fond, il n’essaie pas de trouver ses mots. Il essaie simplement de les laisser sortir.

Sara Kendall

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Un peu plus sur Sara Kendall :

Ceux qui me connaissent bien savent à quel point les jeunes me tiennent à cœur.

J’ai toujours eu envie d’aider, d’encourager, de faire une différence quand je le peux.

Un matin, alors que j’avais le moral un peu plus bas par rapport à mon propre bégaiement, je me suis demandé ce que je pouvais faire de tout ça. J’avais envie que ça serve à quelque chose. J’avais envie d’en parler. J’avais envie de donner un sens à cette réalité qui fait partie de ma vie depuis toujours.

C’est ce qui m’a poussée à approcher l’AJBQ.

Si je partage tout ça aujourd’hui, c’est simplement parce que j’aimerais que les jeunes qui bégaient sachent qu’ils ne sont pas seuls. J’aimerais qu’ils puissent grandir, s’épanouir et prendre leur place sans avoir l’impression de devoir s’excuser pour leur façon de parler.

J’aimerais aussi que les gens comprennent un peu mieux ce qu’est réellement le bégaiement.

Parce que souvent, ce qu’on entend, ce sont les blocages. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est tout ce qui se passe derrière.

Nous sommes 1% des gens vivent avec le bégaiement.

Dans le cadre du Mois de l’ouïe et de la communication, c’est important pour moi de prendre place avec l'AJBQ.

Qu'est-ce que le bégaiement